Pascaline Lefebvre, rire aux larmes

Pascaline Lefebvre / tumblr

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Bio

pascaline

Pascaline est née à Edmonton, en 1989.  Elle gradue de l’École de design de Montréal en 2011. Puis, en 2014, elle publie un livre de « petits bonshommes bizarres » avec les éditions La Mauvaise Tête, intitulé Comment Faire. En 2015, Pascaline quitte son emploi à La Presse pour se consacrer à la pige. Peu après, elle part quelques mois pour une résidence d’artistes au Portugal.

Designer graphique ayant un penchant pour l’illustration, Pascaline alterne entre identités visuelles, mandats d’illustrations et bande dessinée.

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Entrevue

Comment as-tu su que tu que le design t’intéressait?
Petite, j’aimais dessiner tranquille dans mon coin. Ma mère avait un atelier où elle peignait et donnait des cours de dessins, j’y restais des heures. À Noël, j’aimais recevoir des crayons de couleurs ou des petites « mallettes d’artistes».

À l’école secondaire, je mettais plus d’effort à monter mon document WordPerfect qu’à rédiger les textes. Ça m’a paru naturel de m’en aller en design.

Y a-t-il un sujet récurrent dans ton travail? Si oui, lequel et pourquoi?
J’ai eu une phase où je dessinais des bonhommes sans cheveux, sans nez, sans genre et sans vêtements parce que je n’avait plus d’intérêt à essayer de représenter des personnages esthétiques. Je n’avais pas envie que «le lecteur» puisse classifier le personnage comme nous le faisons au quotidien, par références physiologiques. Je leur faisais dire un peu n’importe quoi, pour faire changement des interactions typiques. C’était un moment où j’avais moi-même des interactions qui me semblaient redondantes, j’étais lasse et j’avais besoin de rire. Même si je dessine d’autres choses ces temps-ci, car j’ai envie de pousser mes dessins personnels un peu plus loin. En termes de concept, je compte conserver le style (parce que j’aime encore ça, rire).

Quelle-est ta plus grande contradiction?
Est-ce qu’il faut se prendre au sérieux? Des fois je suis sérieuse et je me trouve ridicule et puis vous autre aussi!

Une phrase, une personne ou un fait qui t’a marqué personnellement ou artistiquement? Pourquoi?

«Talent is nothing without focus and endurance.»

Je viens de finir la lecture d’un livre d’Haruki Murakami, «What I talk about when I talk about running», dans lequel il parle de ses marathons et de son parcours de vie en général. Dans ce passage il mentionne que la vie créative peut-être bordélique et malsaine (bon, c’est un peu dramatique…) donc qu’il faut la structurer. Murakami a un régime de vie très stricte et calculé, mais ses propres barrières lui permettent d’être «créativement stable». De mon côté, j’admire les gens qui aiment diversifier leurs intérêts (ceux qui jonglent avec plus d’une passion), et qui au bout du compte, s’en servent afin d’équilibrer gain et perte d’énergie.

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Comment définis-tu ton mécanisme de création?
Lorsque c’est un projet avec un client, je fais comme on m’avait appris à l’école: je sors le plus d’idées et après je les classe et présente celles qui sont les plus fortes. Quand je dessine à des fins personnelles, c’est le bordel, les idées ne sont pas très claires (c’est beaucoup plus émotif et instinctif), après je cherche à organiser.

Ah? Au final les deux sont un peu la même chose.

Quelle critique ferais-tu au design actuel?
Le design contribue à la vente de produits ou d’événements, qu’il s’agisse d’un consommateur ciblé, ou du plus large éventail d’acheteur. Grossièrement, un designer excelle dans l’emballage, c’est-à-dire dans l’organisation visuelle d’informations. Je crois que le défi pour tout le monde, c’est de cesser d’emballer/«brander» toute offre «monétairement» alléchante, se demander quel noyau vaut la peine d’être emballé.

Je crois que trop souvent, certaines personnes percoivent le sens critique comme s’il s’agissait d’un luxe qu’on peut s’offir une fois qu’on a fait notre boulot un certain temps et qu’on est à l’aise financièrement. J’ai espoir que nous puissions réfléchir sur notre impact social et écologique… nous maîtrisons le concept spatial, mais il faudrait peut-être penser un peu plus au concept de la temporalité, anticiper et voir les choses à long terme.

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